John

John a grandi dans un petit village à l’extérieur d’Ottawa, avec sa mère et son beau-père. Il fréquentait l’école et avait déjà terminé une année de secondaire quand il a demandé d’aller vivre avec son père à Ottawa, à la recherche d’une plus grande liberté. Il dit qu’il vivait dans un milieu familial très strict, ce qui, de certaines façons, était paradoxal.

« Ma mère fumait de la marijuana sans cesse! Alors j’ai décidé… moi aussi je veux faire ces choses! Et mon père était cool—c’est un Dead Head [un fanatique du groupe Grateful Dead]. »

Il avait déjà essayé de fumer de la marijuana et de boire, parce que certains de ses amis le faisait lors de sa première année au secondaire. Par la suite, il est venu à Ottawa pour découvrir un tout nouveau monde de fêtards.

« Tout au long des études secondaires, nous avons essayé toutes sortes de drogues. Nous dépassions les bornes à l’occasion mais en général, nous ne faisions que nous amuser. Nous étions aussi responsables que nous le pouvions, je suppose. »

Toutefois, lors de ses visites dans son village natal, il a été initié à quelque chose d’encore plus fort—les drogues injectables. Quand il est revenu à Ottawa, son expérience l’a suivi.

« Avant même de m’en rendre compte, bon nombre d’entre nous nous injections. Quand j’y pense, ce que nous faisions semble tellement mal, mas il y avait cette mentalité de groupe qui dictait, « C’est cool et nous savons ce que nous faisons. » Mais vraiment ce n’était pas le cas! Certains d’entre nous avons contracté l’hépatite C, puisque certains sont devenus des utilisateurs de longue date. »

Il a lentement commencé à passer plus de temps sur la rue, cherchant des drogues et mendiant pour payer son accoutumance. Certains de ses amis du secondaire sont devenus des utilisateurs de longue date et il est resté en contact avec eux.

« C’était comme une fraternité—nous étions quatre inséparables. Quoi qu’il arrive, nous restions ensemble. Si l’un d’entre nous devait passer du temps en prison, nous trouvions cela terrible. Nous nous ennuyions tellement de lui jusqu’à sa libération.

« Nous fréquentions tous la Halte-accueil, et à ce moment, nous avons commencé à apprendre des choses dont nous avions jamais entendu parler auparavant—on peut devenir malades à s’injecter! Quelle révélation—c’est une chose que nous aurions dû savoir dès le début. Alors nous avons passé un test de dépistage, et deux d’entre nous avons avions contracté l’hépatite C. »

Il vit maintenant à Windsor, et prend de la méthadone pour composer avec ses problèmes de toxicomanie.

« Je sais que beaucoup de personnes ne sont pas en faveur du traitement à la méthadone, et je crois moi-même que ce n’est pas une bonne solution, mais si vous le faites pour les bonnes raisons, cela aide beaucoup. » Il donne crédit à la méthadone pour l’avoir aidé à devenir assez stable pour trouver un appartement et un emploi. Il veut commencer un traitement pour son hépatite C et cherche un médecin. Il ajoute que son déménagement à Windsor l’a également aidé.

« Parfois, il faut s’éloigner de tout pour pouvoir aller de l’avant. » De sages paroles.