27/01/2010

SONNONS L’ALARME : Le secteur de la santé mentale des enfants et des jeunes a besoin d’un appui

Ottawa, le 27 janvier 2010—Faisant face à une demande toujours grandissante et à un gel de financement, les supporteurs des organismes de santé mentale des enfants et des jeunes d’Ottawa ont rédigé une lettre publique à l’intention du Premier ministre Dalton McGuinty, demandant à son gouvernement de stabiliser les services d’intervention en cas de crise, de counseling et d’autres services de santé mentale à l’intention des enfants et des familles.

« Nous savons que nous traversons une période économique difficile; cependant, nos organismes n’ont pas besoin d’une importante infusion de fonds. Cependant, les besoins en matière de santé mentale pour les enfants doivent être stabilisés avant qu’un plus grand nombre d’organismes ne déclarent faillite », indique la lettre, qui a été signée par neuf résidents de marque de la région d’Ottawa qui donnent leur temps à titre de membres du conseil d’administration du Centre pour enfants Crossroads, du Centre Roberts Smart et du Bureau des services à la jeunesse d’Ottawa – les trois principaux organismes de santé mentale pour enfants de la localité.

Les services de santé mentale pour les enfants et les jeunes dans notre communauté, et partout et province, se trouvent dans une situation précaire. Le nombre d’envois en consultation vers les centres de santé mentale pour enfants de l’Ontario a grimpé de 35 % depuis la conjoncture économique de septembre 2008. Pendant ce temps, partout en province, les fournisseurs de services de santé mentale ont connu une érosion de 28 % de leurs ressources destinées aux services de base, depuis 1992. La raison en est que, la plupart des années depuis, les fonds de fonctionnement de base ont fait l’objet de gel ou de réductions.

Sur le plan local au cours de la dernière année, ce facteur a presque entraîné la fermeture du Centre Roberts. Les listes d’attente au Centre pour enfants Crossroads en sont à une période de huit mois, et continuent de se prolonger. Au Bureau des services à la jeunesse, le manque de financement a forcé la fermeture d’un excellent programme de groupe à l’intention des parents et des adolescents. Les parents attendaient jusqu’à 18 mois pour participer à ce groupe de soutien, le seul en son genre dans la région.

Selon le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse, de 15 % à 21% des enfants souffrent de problèmes de santé mentale. Le Ministère indique également qu’environ les trois quarts de ceux-ci ne reçoivent jamais de traitements spécialisés. En fait, les jeunes de 15 à 24 ans affichent le taux le plus élevé de besoins de santé mentale non traités que tous les groupes d’âge, selon Statistique Canada.

La lettre que nous adressons aujourd’hui au Premier ministre de l’Ontario fait partie d’une campagne provinciale lancée par Santé mentale pour enfants de l’Ontario.

Le 27 janvier 2010

Monsieur le Premier ministre,

Nous sommes des membres de la communauté dont la préoccupation pour la réussite des enfants et des jeunes nous a menés à devenir des membres du conseil d’administration d’un organisme communautaire de santé mentale pour enfants à Ottawa. Nous vous écrivons dans le but de susciter votre soutien urgent pour une augmentation de l’investissement dans les services essentiels qui viennent en aide à une personne sur cinq aux prises avec des problèmes de santé mentale, dans notre ville.

Les services de santé mentale pour les enfants et les jeunes de notre communauté, et de partout en province, font face à de réelles difficultés. Le nombre d’envois en consultation vers les centres de santé mentale pour enfants de l’Ontario a grimpé de 35 % depuis la conjoncture économique de septembre 2008. Pendant ce temps, partout en province, les fournisseurs de services de santé mentale vivent une érosion de 28 % de leurs ressources destinées aux services fondamentaux, depuis 1992. Vous trouverez ci-joint un feuillet de renseignements préparé par notre association, Santé mentale pour enfants Ontario, qui décrit le caractère grave de la situation ainsi que les besoins des jeunes.

Sur le plan local au cours de la dernière année, ce facteur a presque entraîné la fermeture du Centre Roberts. Les listes d’attente au Centre pour enfants Crossroads en sont à une période de huit mois, et continuent de se prolonger. Au Bureau des services à la jeunesse, le manque de financement a forcé la fermeture d’un programme de groupe important à l’intention des parents et des adolescents. Les parents attendaient jusqu’à 18 mois pour participer à ce groupe de soutien, le seul en son genre dans la région.

Nous savons que vous vous souciez des enfants. Nous savons également qu’il ne s’agit pas d’une question partisane. Les gouvernements de tous les partis ont négligé d’accorder une priorité suffisante sur la santé mentale des enfants et des jeunes parce que, pendant trop longtemps, la honte et le stigmate gardaient cette question dans l’ombre. Ce n’était simplement pas une priorité pour les résidents et les communautés. Cependant, on remarque un vent de changement—et vos électeurs, nos voisins, indiquent dans quelle mesure il est important d’intervenir et d’aider les jeunes afin que leur vie entière ne soit définie par des difficultés de santé mentale.

Nous savons que nous traversons une période difficile du point de vue financier; nos organismes n’ont pas besoin d’une importante somme monétaire. Cependant, les besoins en matière de santé mentale pour les enfants doivent être stabilisés avant qu’un plus grand nombre d’organismes ne déclarent faillite. Cela nécessite un ajustement inflationniste compensatoire au cours du prochain exercice financier, qui débute le 1er avril. En deuxième lieu, il faut un engagement solide de rebâtir le système au cours des prochains 5 à 10 ans. Le gouvernement de l’Ontario a publié et travaille à la mise en oeuvre d’un cadre stratégique pour les services à l’intention des enfants. Bien que nous applaudissions cet effort, nos sommes d’avis qu’il faut également renflouer le système de façon à ce qu’il existe encore dans dix ans.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, nos salutations distinguées.

Chris Warburton
Président, Bureau des services à la jeunesse d’Ottawa
Vice Président (à la retraite) Ressources Humaine, Collège Algonquin

Lynn Graham
Conseil d’administration, Bureau des services à la jeunesse d’Ottawa
Présidente (à la retraite), Ottawa Carleton District School Board

Louise Tardif
Conseil d’administration, Bureau des services à la jeunesse d’Ottawa
Vice Présidente (à la retraite), Banque Nationale Financière

Patricia Day
Présidente sortant, Roberts Smart
Vice Présidente, Santé mentale pour enfants Ontario

Janet Olds, PhD
Présidente, Roberts Smart
Neuropsychologue à CHEO

Kathie Lynas
Roberts Smart
Spécialiste en communication

Brenda Beauchamp
Présidente, Crossroads

Jim Chiarelli
Conseil d’administration, Crossroads

Neil Wyatt,
Directeur (à la retraite) Ottawa District School Board

Crise de financement des Services de santé mentale pour enfants

Les services de santé mentale pour enfants reçoivent un financement du ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse, plutôt que du ministère de la Santé et des Soins de longue durée.

Le ministre des Services à l’enfance et à la jeunesse est Laurel Broten.

Taux d’inflation 1992 – 2009 35,94 % Source : Banque du Canada

Augmentation du financement de base :

  • 1992 – 95 (NPD) -1 %
  • 1995 – 2003 (PC) 0 %
  • 2003 – 2009 (Lib) 8 %

De 15 % à 21 % des enfants en Ontario souffrent de problèmes de santé mentale*

Quatorze pour cent ont une maladie mentale pouvant être diagnostiqués*

Soixante-quinze pour cent des enfants aux prises avec des troubles de santé mentale ne reçoivent pas de traitements spécialisés*

Le suicide est la deuxième plus importante cause de décès chez les jeunes de 15 à 18 ans*

Les jeunes de 15 à 24 ans affichent le taux le plus élevé de besoins de santé mentale non traités que tous les groupes d’âge (15 ans et plus). Source : Statistique Canada 2003

*Source : ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse, le 5 octobre 2009

Le début de la plupart des maladies mentales surviennent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Source : Agence de la santé publique du Canada

Les besoins en matière de santé mentale des enfants sont la composante la plus négligée du système de soins de santé au Canada. Source : Sénateur Michael Kirby, CMA Journal, le 30 août 2005

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